BERCK -Eglise St Jean Baptiste

La petite Histoire de Berck

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Eglise St Jean Baptiste

St Jean Baptiste

 

Située à l'entrée Nord-Est de la ville,
l'église Saint Jean Baptiste ou "église de Berck Ville"n'attire pas l'attention du visiteur, pressé qu'il est d'aller à la mer. L'église ni esthétiquement ni architecturalement remarquable et n'a jamais été mise en valeur sur le plan touristique: un clocher massif, un corps constitué de deux parties avec des volumes incohérents. Elle est pourtant le seul édifice réellement historique de Berck.

Etrangement, l'église est excentrée voire isolée par rapport à Berck-Ville (de moins en moins avec l'urbanisation locale). Cette situation s'explique par la fonction première de la construction.
Le clocher servait de "foyer" (feu) et marquait la limite de la Picardie et de l'Artois entre le vieux port de Seyman et celui de Waben. D'autres sources indiquent que le guetteur de la tourclocher  "correspondait encore en 1642 aux moyens de signaux par le feu avec la tour de Saint Josse sur Mer et le beffroi de Montreuil sur Mer (Guêt de mer) ". On y entretenait un feu de  tourbe (on remarque au sommet les trous qui servaient à attiser ce feu).

L'utilisation de la construction en tant que phare ou tour de guet n'est par tranchée. La deuxième option semble la plus probable:

 La mer était proche de la tour (depuis, le rivage s'est éloigné vers l'ouest).

 Il y avait un contact "à vue" entre la tour, Saint Josse, Monteuil et Waben, ce qui implique une absence d'arbres entre ces points (la visibilité entre Berck et Montreuil me semble plus douteuse).

 Au XIVème siècle, Berck et l’ensemble du Ponthieu se trouvent pris dans l’étau des rivalités franco-anglaises. La seigneurie de Berck n’est pas dépourvue d’intérêt stratégique: comme à Verton  , l'allumage d'un brasier en haut de la tour de guet pouvais donner l'alerte

Le dernier guetteur y fut tué par un feu de "marchef" le 21 octobre 1780.  Roger RODIÈRE
(historien du Pays de Montreuil du siècle dernier) indique " Le 22 novembre 1780, la foudre tua dans le clocher le guetteur Michel Boulogne" (soit une différence de un mois pour le même évènement).

 

(*) Pour l'anecdote:

Pendant la guerre de 100 ans, les anglais débarquaient souvent au même endroit, désert à l’époque, entre Berck et Merlimont. Ils

empruntaient un sentier à travers les dunes les conduisant dans le bourg de Berck histoire de piller un peu et incendier quelques maisons.

Ce sentier, aujourd’hui une route, s’appelle toujours « Chemin des Anglais ».


Les datations de l'édifice sont approximatives voire contradictoires:

  L'inventaire du Ministère de la Culture recense:

° le choeur et le clocher datés du 16ème (classés MH en 1926)

° une cloche datée de 1546 (classée MH en 1908), refondue en 1912 (la deuxième cloche date de 1825)

° des culots sculptés du 16ème (classés MH en 1915), soit seize "culs-de-lampe" représentant des scènes de la vie quotidienne des Berckois au XIIIe et XIVe siècle.

° un orgue daté de 1868 (non classé MH) implanté à l'origine à l'Hôpital Maritime et  déplaçé à l'église Saint Jean Baptiste en 1904 (la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat est votée en 1905).

 

Roger RODIÈRE (historien), indique pour la tour une datation du XIVème siècle, la nef du  XIIIème siècle, et le choeur du XVIème.

Aucune étude approfondie des Monuments Historiques n'a été menée sur l'ensemble de l'édifice.

Des fouilles menées en octobre 1899 ont montré que les colonnes de la nef sont enfouies de 1

m 25: on y a trouvé les dallages d'origine. L'hypothèse habituellement avancée d'un

enfoncement de l'édifice ne semble pas très crédible.


Compte tenu de ce qui précède, on peut risquer l'hypothèse suivante.






Diverses constructions

XIIIeme, XIVeme, XVIeme, XVIIIeme siècle


 

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Calvaire façade nord, remarquablement restauré.










Crédit photo: La petite Histoire de Berck.
Voir aussi la page du
Doyenné des plages consacrée à cet édifice.


 

Aux origines

L'église de Berck Ville dédiée à Jean-Baptiste fut longtemps, avant de devenir un édifice religieux, une simple tour fortifiée appelée "Foïer". Elle porta un feu sur sa partie supérieure, à hauteur de la toiture actuelle et servit de phare.

Dès 1361, le Foïer de Berck situé au sommet d'une dune dominait une côte sauvage de garennes et de sable à travers laquelle coulait une petite rivière, l'arche, qui allait de jeter à la mer, sur l'emplacement actuel de l'Entonnoir de Berck Plage.

Au sud du Foïer, des chaumières constituaient un village qui, au cours des siècles, s'appela Berg, Bercq, Birk pour devenir Berck. La plupart de ses habitants étaient des marins pêcheurs dont les barques s'échouaient sur la plage.

Description de l'Eglise Saint Jean-Baptiste

L'église est composée d'une tour en avant-corps, d'une nef flanquée d'un seul bas-côté au Nord et d'un choeur avec chapelle terminant le bas-côté. La longueur totale est de 45 mètres (Nef: 32,7 m ; Choeur: 12,6 m). La nef a 13 mètres de large et le bas-côté 3,6 mètres.<La tour est assez forte et mesure 6,5 mètres de côté. Elle s'élève sur une base de grès haute de 8 mètres environ qui date du XIIIème ou XIVème siècle.

La partie haute va en s'amincissant Ces murs sont de briques ainsi que le haut des contreforts disposés en talus. La base des contreforts est en grès et s'élève d'équerre aux angles de la tour.
Il n'y a pas de fenêtres hautes sauf de vraies meurtrières. Le portail Ouest, baie en tiers point, est surmonté d'une archivolte en larmier.

Certains historiens ont vu dans ce portail une ancienne fenêtre, le portail d'origine étant enfoui du fait des assauts du sable au cours des siècles. Au-dessus du portail, un mâchicoulis reste de la fortification de la tour à partir du Moyen-Age. Le rez-dechaussée du clocher n'est pas voûté.< Au Nord, une tourelle dont on devine un simple gonflement de la maçonnerie très souvent remaniée, contient un escalier de 80 marches qui permet d'accéder au sommet de la tour. La nef et son bas-côté ne sont pas liés à la tour et sont comme celle-ci construits en grès. Les murs latéraux n'ont aucun caractère. Les fenêtres sont en cintre surbaissé.

La nef est séparée du collatéral par 4 colonnes formant 5 travées jusqu'à l'arc triomphal. Ces colonnes sont octogonales ainsi que les chapiteaux qui ne sont que de simples impostes (plate bande et cavet). Elles supportent des arcades en tiers point< sans moulure. La nef accuse le XIIIème siècle dans son austère simplicité.

A noter que les colonnes, comme le portail d'entrée, sont enfouies et sont probablement d'origine plus hautes qu'actuellement. Il existe à cet endroit un pavement primitif à 1,25 m du sol actuel. La charpente de la nef n'a pas grand caractère; on note cependant la présence d'un blochet représentant un prophète ou un apôtre.

Le choeur et la chapelle voisine bâtis en pierre sont du XVlème siècle. L'arc triomphal est en plein cintre. Les 6 fenêtres du choeur et les 3 de la chapelle sont en arc faiblement brisé et surmontées d'archivoltes. Le choeur de 3 travées se termine par un chevel à 3 pans. La voûte est d'ogives à nervures prismatiques et a pour clefs les symboles des 4 évangélistes. Dans la chapelle latérale, la seule clef conservée représente un homme supposé tordre le cou à un canard

Les culs-de-lampe de l'Eglise saint Jean-Baptiste

  Le cul-de-lampe est un petit support en encorbellement destiné à recevoir la retombée d'un arc ou à soutenir une statue. Les culs-de-lampe sont sculptés avec des motifs allégoriques ou végétaux, principalement des feuillages. On en dénombre 16, répartis comme suit: 4 dans la Chapelle de la Vierge; 10 dans le Choeur; 2 dans la nef. Enfin, dans le choeur, on remarque à gauche du Maître Autel, un bas-relief qui a dû faire partie d'un groupe du couronnement de la Vierge, et une clef de voûte dans la chapelle latérale.

Les culs-de-lampe sont en pierre de taille sculptées naïvement mais avec un certain réalisme.

Actuellement, ils sont peints de couleurs vives qui ne sont pas d'origine. La peinture actuelle date de 1 954.Au cours des travaux de restauration récente de l'église, un cul-de-lampe gratté a laissé apparaître des traces de peinture plus ancienne.

Ces supports sculptés qui ont une dimension moyenne de 30 sur 25 cm, sauf 3 de dimensions supérieures, représentent des scènes de la vie quotidienne des Berckois aux XIIIème et XIVème siècles.

Ils sont révélateurs, entre autres, de ce que pouvait être la mode vestimentaire de l'époque par la forme du pantalon, le port d'une chasuble serrées à la taille, vêtement qui comporte un capuchon se terminant en pointe..

Le cul-de-lampe le plus intéressant est celui qui représente deux pêcheurs dans leur barque brandissant un poisson. (X/Ilème siècle). On remarquera les deux extrémités pointues du bateau, donc l'absence de tableau arrière, comme sur les cordiers, la présence de clins et de sabords de nage ronds tels que l'on pouvait encore en voir sur certaines unités de flottille de pêche à la fin du siècle dernier. Incontestablement, cette forme de bateau nous fait penser au navire des anciens scandinaves et à l'architecture navale d'Europe du Nord.

Dans l'ordre, en partant du Sud du choeur, on distingue:< A) Un petit homme portant sur son dos une hotte et semblant tenir une fourche. Est-ce le verrotier ?

B) Un homme portant un phylactère. L'inscription "Berckensis " MCMLIV" semble indiquer que la réfection des culs-de-lampe date bien de 1954.

C) Ange portant un écusson sur lequel figurent les armes modernes de Berck, crées par le

 

peintre Jan Lavezzari à la fin du siècle dernier. Cette peinture de 1954 recouvre peut-être des armoiries plus anciennes.

D) Un marchand de poissons avec son panier.

E) Un marin porte une ancre de marine.

F) Un ange porte un écu aux armes non identifiées.

G) Un homme casse un morceau de bois sur ses genoux. Est-ce le ramasseur d'épaves?

H) Pêcheurs dans leur barques brandissant un poisson.

I) Tonnelier cerclant ses douves.

J) Cul-de-lampe mutilé. On a voulu y voir un homme plumant une oie.

Dans la chapelle de la vierge:

K) Un homme tient une coupe et penche la tête. Il semble ivre.

L) Le boulanger enfourne son pain.

M) Le charpentier de marine.

N) Ange portant un écusson. Ce cul-de-lampe est très peu visible du fait de la présence d'une

grotte de Lourdes en ciment armé d'un goût douteux.

A gauche du Maître Autel:

P) Un bas relief qui a dû faire partie d'un groupe représentant le couronnement de la vierge.

Deux anges tiennent une couronne.

Q) Une clef de voûte représente un homme qui semble danser une gigue. Certains y voient un

homme tordant le cou à deux canards.

 

Cette page provient de la rubrique :  Arras / Le patrimoine

Mise en ligne par : E.H. Communication Diocèse. Publié Samedi 19 aout 2006 - 3529 visites

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