
BLEU-MARINE
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Peigne et miroir prohibés chez les marins berckois
DOCUMENT BERCKOFIL
De Marseille à Dunkerque, traditions et croyances se ressemblent. Mais à Berck, de petites variantes existent, un peu comme la langue évolue d'un secteur à l'autre.
« Sur la plage, avant d'embarquer, femmes, enfants et équipage priaient sur les filets », raconte Jean-Max Gonsseaume, féru d'histoire locale. Les filets jetés, un matelot réclamait au « Bon gloriu saint Laurent chaque roé in chint d'hérins (à chaque filet cent harengs) » Et la dernière levée de filet était attendue « toute blanque fleurie », scintillante de harengs.
Jean-Max Gonsseaume confirme que dans les bateaux berckois, les termes « curé » et « chat » étaient prohibés. Si en allant au bateau, un équipage venait à croiser l'homme de Dieu, il se murmurait « Vlo no mérée qui é foète » (voilà notre marée qui est faite, ratée). Les marins conjuraient le mauvais sort en s'agenouillant pour réciter un Pater et un Ave Maria. À défaut, ils s'inclinaient devant le prêtre avec beaucoup de respect. Notons que la pêche était infructueuse si l'équipage tombait sur un chat, noir en particulier, qui le précédait. Et on n'allait pas en mer le Vendredi saint.
Jusque dans les années 1960, ajoute l'historien local, miroirs et peignes sont prohibés. D'ailleurs, chez les marins, on ne se coupe pas les cheveux dans un navire : cela fait lever des tempêtes.
Enfin, lors de la bénédiction d'une nouvelle unité, en plus de la cérémonie liturgique, on versait dans le logement du mât une poignée de blé et l'assistance
entonnait le Te Deum, faisait le signe de croix et répétait trois fois « Mate à Dieu ». Cette tradition a été maintenue lors du lancement de La Marianne-Toute-Seule il
y a quelques années. Plusieurs bateaux non bénis ont coulé (la Flottille berckoise en 1891 ou le SVSS Saint-Paul en 1834).
La Voix du Nord - Vendredi 13.03.2009
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