
BLEU-MARINE
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« Rien que de voir des volées de gibier passer ou se poser est un moment extraordinaire »
«La chasse à la hutte
peut se pratiquer seul mais c'est quand même plus facile et agréable quand on est à plusieurs...»
Si la chasse en plaine est très connue, la chasse au gibier d'eau, et plus particulièrement à la hutte, l'est beaucoup moins. Rencontre avec Guillaume Sellier, huttier, dont la passion est
familiale.
Chez les Sellier, on est huttier depuis trois générations. Guillaume a hérité de la passion pour la chasse au gibier d'eau de
son arrière-grand-père. « Depuis mes 2 ans, dès que j'avais une occasion d'aller à la hutte, je partais avec mon
père ou mes oncles et même encore aujourd'hui. Ce sont eux qui m'ont tout appris. D'ailleurs, mon père me dit toujours que, à peine je savais marcher que je voulais déjà aller à la hutte », explique Guillaume dont les trois petits frères sont également huttiers.
En général, la chasse à la hutte se déroule sur une période allant d'août à janvier et
c'est la nuit que les mouvements de canards sauvages sont les plus importants. Leurs déplacements sont également
rythmés par les saisons et les climats. En effet, les oiseaux migrateurs quittent les pays du Nord, au dessus de la Grande-Bretagne, pour migrer dans les
pays où l'hiver est beaucoup moins rigoureux.
Sac à dos
Au cours de ces cinq mois, cette passion dévorante amène Guillaume à passer jusqu'à quatre nuits par semaine à la hutte tout
en la conciliant avec sa vie professionnelle. En fin de journée, il prend la route de la baie d'Authie avec un sac à dos pesant près de 30 kg qu'il porte
sur plusieurs kilomètres pour arriver jusqu'à la hutte. Ce dernier contient sa nourriture pour la nuit, ses fusil,
cartouches et jumelles ainsi que ses canards nommés « appelants ».
Indispensables pour chasser à la hutte, ces canards, par leurs chants, attirent leurs
congènères. Ils sont attelés, c'est-à-dire positionnés, sur la mare par le huttier selon des critères spécifiques, notamment de chants et de sens du vent. Il met également à l'eau des blettes, des canards en plastique. Il utilise enfin des appeaux, des
sifflets pour imiter le chant des canards. Ceci afin de mettre toutes les chances de son côté pour inviter les canards sauvages à se poser sur la mare
et, peut-être, jusqu'à la portée de tir de son fusil. La pénombre commence à envahir la baie d'Authie et les chasseurs
rentrent dans leur hutte se préparer pour veiller toute la nuit, parfois à la tour de rôle.
Chants
Seuls les chants des appelants briseront le silence de la nuit jusqu'au matin : « La chasse à la hutte peut se pratiquer seul mais c'est quand même plus facile et agréable quand on est à plusieurs, reprend Guillaume qui observe toute la nuit à la guinette l'arrivée des canards et parfois même des oies sauvages.
Mon but n'est pas automatiquement de prélever. Rien que de voir des volées de gibier passer ou se poser est un moment
extraordinaire. » Le matin et le soir, Guillaume Sellier pratique également la chasse crépusculaire. En langage de
huttier, c'est faire la passée. Elle est réglementée par le code de l'environnement ainsi que par un réglement intéreur. • C. F. (CLP)
Des siffleurs aux sarcelles, des marées aux passées
Il existe plusieurs espèces de
canards sauvages aux plumages et aux chants étonnants, notamment les siffleurs, les sarcelles
d'hiver, les pilets et les chipeaux. Leurs couleurs varient, du roux au vert, en passant par le
bleu, le rose, le jaune ou le gris argenté. Tout le monde connaît le cancanement du colvert
mais certains canards sauvages ont un chant particulier comme le siffleur, mélodieux. Mais
attention, il y a également des espèces protégées comme le
tadorne.
« Il
y a toujours autant de canards mais répartis de façon différente. Avant, la concentration était sur le littoral mais les marais se sont aménagés et depuis environ trente ans, les huttes et les plans d'eau se sont développés en baie. Il y a aussi plus de chasseurs car les personnes disposent de plus de temps libre. Des études sont menées pour évaluer les populations. Il ne faut pas oublier qu'il faut prélever le gibier de façon raisonnable car les excès sont néfastes
», précise un propriétaire de hutte, passionné depuis près de soixante ans et qui insiste sur le respect du gibier et la nature. « La baie, c'est envoûtant. On ne va pas
forcément à la hutte pour le tableau de chasse, mais aussi pour le plaisir des yeux. Les
paysages de la baie quivarient avec les marées sont splendides. Il y a de magnifiques levers et
couchers de soleil et c'est magique quand on est ballotté par la marée qui
monte. » Guillaume estime en revanche qu'il y a moins de canards sauvages : « Je me souviens quand j'étais plus jeune d'incroyables passées de canards que je ne vois plus aujourd'hui. »
Des siffleurs aux sarcelles, des marées aux passées - Berck - Pas-de-Calais - VDN
La Voix du Nord - dimanche 11.01.2009, 04:46 -
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