LA PARENTHESE

La Parenthèse, un nouveau cabaret en devenir

      Dans la salle, le public. Après le repas, place au spectacle. Chorégraphies, imitations visuelles,
Numéros comiques... Devant un public qui se montre parfois dubitatif. Sur Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes, une jeune fille s'interroge : « C'est Dalida, non ? » Problème de génération ou de ressemblance ? « Mais non, c'est Sylvie Vartan », entend-on à ses côtés. Applaudissements timides ensuite à la sortie de « Mylène Farmer », classique des shows transformistes. 

 
Durant le spectacle, Jean-Luc Dufour, artiste transformiste (lire ci-dessous) et gérant, peut « faire jusqu'à huit têtes ». N'est-ce pas trop ? « Nous venons d'ouvrir, alors il faut savoir être partout : accueillir le public, être à la cuisine et sur scène. Côté transformation, une perruque et un costume fait 60 %. Mais si on ne ressemble pas, on a beau avoir un beau costume... » Le spectacle du cabaret, ouvert depuis octobre, est assuré par deux artistes transformistes et deux danseuses. « J'essaie de faire venir d'autres artistes pour diversifier le show quand c'est possible. » De la bonne humeur, jamais de vulgarité, pas toujours du bon goût, mais « on se sent comme à la maison, on veut que ce soit chaleureux ».

Finalement « Céline Dion » conquiert le public. La transformation en « Édith Piaf » sur scène fait jaillir applaudissements et émotion. Un play-back bien posé, une réelle sensibilité dans le visage de l'artiste. Le public aime. •


Berck-La Parenthèse 2

Jean-Luc est transformiste. Tous les week-ends, il tombe la chemise pour la robe de soirée.

Jean-Luc Dufour, 41 ans, a ouvert son cabaret, La Parenthèse, à Berck. Sa spécialité : le show transformiste. Rencontre avant le spectacle, lors de la séance de maquillage. 

 
 Jean-Luc enfile un peignoir et se plante devant un miroir, séance de « make-up » oblige. « Ce n'est pas le plaisir d'être en bonne femme, assure-t-il, je déteste ça. Je suis resté un grand gamin : ce que j'aime, c'est le maquillage et faire le pitre sur scène. » Transformiste, le quadra l'est depuis ses 24 ans. « Je travaillais sur les marchés et j'ai rencontré une troupe spécialisée dans le transformisme. J'ai essayé, j'ai trouvé ça rigolo. » Tout s'enchaîne jusqu'à ses représentations au P'tit Baltar, à Nesles (Somme), une référence. Après un break de deux ans, Jean-Luc Dufour ouvre son propre cabaret à Berck, La Parenthèse.

Dans la loge, les chaussures à talon, les longues robes de soirée à paillettes et une panoplie de perruques de toutes les couleurs encadrent la table de maquillage. « Le plus long, c'est de coller les sourcils », explique Jean-Luc. Il s'aplatit les poils. « Si ce n'est pas bien collé, votre "make-up" est foutu. » Après les sourcils, le fond de teint, « sur tout le visage pour en cacher les traits ». La poudre blanche vole. « Avec l'ombre, on va tout recréer. Pour avoir le nez de Dalida, il faut du blanc au milieu et du marron sur les côtés pour un effet crochu. » Blanc, marron et noir, les trois couleurs basiques. Mais attention : « On ne peut pas se transformer en n'importe quel artiste », affirme-t-il, un tube de rouge à lèvres dans les mains. « Beaucoup d'artistes ne veulent faire que des femmes. Moi, ça ne me dérange pas de faire des hommes. Et vous ne me verrez jamais aller en boîte encore déguisé. » Le transformiste pose une perruque aux grandes boucles. « Vous ne me ferez jamais retirer les poils de mes jambes. Je suis déjà obligé de m'épiler le torse et les bras. J'ai besoin de me sentir homme.

Il se tourne pour mettre en place le « planqueur » et cacher ses attributs masculins avant d'enfiler une longue robe rouge.

Damien, l'autre artiste transformiste du cabaret, arrive. Les blagues fusent entre les deux camarades. « J'ai des varices, j'ai les bas qui plissent, rigole Jean-Luc d'une voix à peine plus aiguë que d'habitude. Quoique, maintenant, appelez-moi Marie-Chantal. » Damien entame son maquillage, les premiers spectateurs arrivent.

« Marie-Chantal » doit partir. « Je ne suis plus Jean-Luc mais la personne qui va donner du bonheur pendant une soirée. »

 


Berck-La Parenthèse 1

Damien, le deuxième artiste transformiste à la Parenthèse.






Séance de maquillage pour Damien.



La Parenthèse, à Berck-sur-Mer, restauration tous les jours, midi et soir selon la date, spectacle de music-hall le vendredi et le samedi soir. Tarifs : de 35 à 67 E, selon le menu. Réservations obligatoires.
Tél : 06 58 09 03 14 - www.la-parenthese.biz.



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